"Je compte sur vous"

June 17, 2016

A la veille de sa dernière assemblée générale en tant que président du DA Dijon 21, Romain nous a accordé ces quelques mots pour revenir sur 22 ans de bons et loyaux services au club !

 

Ton parcours de basketteur, des origines à aujourd’hui ?

 

 

J’ai commencé le basket à 6-7 ans après une demi-année de Judo. Je me prenais trop de balayettes par mon prof car j’étais dissipé, ça m’a traumatisé et j’ai enchaîné sur le basket pour deux raisons : les lentillères étaient à 30m de chez moi, et mon voisin (Nicolas Javaux) y jouait !

Ensuite j’ai repris ma licence chaque année non stop, en passant de catégories en catégories. Le club me plaisait, il y avait une bonne ambiance, nos yeux étaient plein d’étoiles en regardant les mecs de l’équipe 1, les cadets France à l’époque (Je me souviens d’une tentative de dunk de Maxence Jacquier contre Nancy…), etc. Je n’ai jamais joué à un niveau élevé, minimes région, cadets région et prénationale. Il se murmure qu’en me bougeant un peu plus, j’aurais pu à un moment aller chercher la dernière place de l’équipe 1 mais ça restera mon grand regret.

 

Ton meilleur souvenir de joueur ?

 

Wow.. Si je la joue personnel, je dirai un match de RM2 à Bligny les Beaune avec Florent Lignier. Je marque 33pts à 20 ans, tous les shoots rentraient avec Flo et j’ai eu l’impression que ce jour là, on était que tous les deux sur le terrain (il a bien du en mettre 25..). C’est d’ailleurs certainement pour ça qu’on a perdu, on aurait du jouer à 5 ! Ahah.

Après des souvenirs il y en a beaucoup, mais un me marque beaucoup même s’il est loin : le rassemblement mini-basket au palais des congrès. J’étais en poussins et à l’époque, il y avait un vrai enjeu, c’était un tournoi avec plus de 300 gamins, les pros de la JDA qui nous signaient des autographes, une ambiance super, bref. Même la défaite en demi-finale ne me rend pas triste, c’était chouette.

Enfin, il y a aussi la montée en prénationale, avec 11 victoires consécutives pour terminer la saison après une première partie merdique. Je me souviens d’ailleurs d’un match contre La Charité un lendemain de soirée chez Captain qui fêtait le maintien en NM3, Stan s’en souvient certainement aussi… Quatre trois points de suite au premier quart, deux pour Stan, des crampes… INJOUABLES !

 

Et le pire ?

 

Honnêtement, je n’ai pas vraiment de mauvais souvenirs. J’ai pas connu de descentes dramatiques ou ce genre de choses. Ma blessure l’année passée contre Nuits Saint Georges m’a fait mal, finir sa saison en janvier n’est jamais agréable encore plus quand c’est la deuxième saison consécutive qui est tronquée.

Ah si, je me souviens d’un entraînement de pré-saison où Sébastien (Rollet) m’a fait jouer intérieur alors que je rêvais de me montrer. Ahah ;)

Mais mon vrai mauvais souvenir, c’est quand cette année j’ai du renoncer à jouer pour entraîner l’équipe 2. Là c’était hard.

 

Ton meilleur souvenir de coach ?

 

Non pas que mes années précédentes comme coach n’ont pas compté, mais les deux souvenirs que j’ai en tête sont de cette année.

Le match contre Prissé à domicile en décembre, où après un enchaînement de défaites, l’équipe sort LE match avec une énorme envie, une énorme prestation défensive notamment en fin de match (7pts pour Prissé dans les 10 dernières minutes).

Enfin, le match qui a scellé notre maintien contre Auxerre-Héry il y a quelques jours. Bien sûr que l’équipe était renforcée, mais tout le monde a sorti le match qu’il fallait. L’attitude était parfaite, ça se lit dans les yeux ce genre de trucs, c’est bizarre à définir mais j’avais des tueurs sur le terrain et c’est passé.

Et je ne parle même pas des déplacements en minibus avec cette équipe de gamins.

 

Et le pire ?

 

Cette année encore. Le match à domicile contre Chalon sur Saône. On bat cette équipe deux semaines plus tôt chez eux dans un match assez moche. Le retour démarre sur les chapeaux de roue, on prend rapidement 15 points d’avance avec une presse efficace et après avoir mené 39 minutes, Chalon pourtant privé de deux joueurs pendant le match passe devant à la fin et nous achève. C’est dur surtout que sur ce match, tout le monde n’a pas été exempt de tout reproche comportementalement parlant, et qu’une victoire aurait quasiment scellé le maintien à 7 matches de la fin. Après sans cette défaite, est ce qu’on bat Nuits St Georges une semaine plus tard ? Pas sur.

 

Ton meilleur souvenir de président ?

 

Hum, d’un point de vue sportif je dirais la victoire de l’équipe NM3 à domicile contre Saint Priest en 2013/2014 qui offre la 1e place aux Black & Yellow. A ce moment là, tu te dis que ces p’tits jeunes en ont dans les tripes.

Après mon meilleur souvenir, c’est surtout de voir chaque année que les salles se remplissent, que les effectifs gonflent, que les licenciés voire les parents même si plein de choses déconnent font des compliments et qu’ils se plaisent dans le club. Ca n’a pas de prix parce que sans prétention, je ne suis pas sûr que quelqu’un puisse imaginer ce que c’est d’être président à 25 ans d’un club à deux doigts de couler ! Il faut s’accrocher, se battre, prendre des décisions difficiles. Parfois ça marche, parfois non, mais l’essentiel quand on se plante, c’est d’avoir été honnête du début à la fin.

 

Et le pire ?

 

Au risque de me répéter, c’est très compliqué comme question.

Le pire je crois que c’est tous ces moments où je me suis senti seul face à l’injustice, face aux départs des uns et des autres, face aux galères.

Aujourd'hui, on paye encore les pots cassés de conneries qui ont été faites par le passé et ça fait mal. On est tombé face à des mercenaires qui ont entubé le club, l’état, tout ça d’un coup et qui s’en sont sortis. Je souhaite que d’autres ne s’en sortent pas si bien mais la justice est longue et parfois cruelle, je l’ai bien appris pendant 4 ans et on verra comment tout ça se termine.

Après les départs restent mes pires souvenirs. Que cela soit de coach ou de dirigeants, ce n’est jamais agréable car vus nos moyens, les ajustements en cours de saison sont quasiment impossibles.

 

Laquelle de tes multiples casquettes as-tu préféré durant ta carrière ?

 

Sans vouloir faire la fine bouche, je n’ai jamais eu comme vocation d’être président de l’association ! Il y a 4 ans, je dépannais hein.. Donc la casquette de joueur, c’est indéniable !

Je sais que je n’ai jamais atteint un grand niveau, mais comme je dis toujours, j’ai le caractère d’un champion dans le corps d’un amateur. J’adore apprendre, sortir d’un entraînement avec ce petit truc en plus que je pourrai réutiliser ensuite, passer du temps à peaufiner des formes de jeu, construire des jeux de regard avec tes coéquipiers (hein Seb Vernet !), apprendre de nouveaux mouv’, travailler en fait… sauf mon physique ! Après, je pense aussi que j’avais pas le même regard sur le sport à 20 ans, c’est dommage d’ailleurs.

Enfin, entraîner c’est quand même super ! D’ailleurs ce groupe SG2 est vraiment top, mais sans remuer le couteau dans plaie, c’est quand même vachement mieux quand tu commences pas la saison avec deux ruptures de ligaments croisés chez tes intérieurs, ou quand toute l’année tu t’entraînes soit à 15, soit à 7 mais jamais à 10 avec le même groupe. Et je parle même pas des déplacement à 6 ;)

Finalement, je crois que j’aimais bien entraîner des gamins au début, puis les juniors filles il y a trois ans. Sans histoire en soit !

 

Que retiens-tu de ton passage en tant que président du DAD21 ?

 

Concernant la présidence, soyons honnête, j’ai autant adoré que j’ai détesté. Le plus frustrant, c’est que les gens ne séparent pas les choses, sont capables de venir te parler de leurs problèmes pendant que tu t’entraînes, carrément sur le terrain ! C’est clair que c’est des responsabilités et que ça demande du temps, mais pendant 4 ans j’ai aussi lu dans le regard de beaucoup de gens de la reconnaissance et cela n’a pas de prix. Des textos, des appels, des marques de soutien, des discussions aussi resteront dans ma mémoire.

Malgré tout, je pense qu’il faut se rendre à l’évidence : on ne gère pas un club tout seul, encore moins quand on n’a pas de réseau, et pas de sens commercial !

J’ai essayé de faire ce que je pouvais, il faut quand même se souvenir que lorsque j’ai pris le club on n’était à peine 120 licenciés et qu’on n’était pas sûr de finir la saison. Je ne dis pas que tout va bien, loin de là, mais je pense que j’ai donné tout ce que je pouvais, et que beaucoup n’auraient pas donné tant. On est plus de 200 aujourd’hui mais ce n’est qu’un nombre et le travail est loin d’être terminé, il faut solidifier les finances et poursuivre le travail notamment sur les jeunes. Il y a un cycle qui a démarré et il va falloir le faire vivre.

 

Quelques mots avant ton départ ?

 

En espérant qu’on me lise, je cacherai mon sourire exceptionnellement pour parler sérieusement. Quelques mots ? Bougez-vous ! Le club a besoin d’aide !

Le bénévolat n’existe plus comme je l’ai connu il y a dix ans. L’associatif, c’est du bénévolat, c’est accepter de donner de son temps, de sa personne, de son argent même parfois pour le bien d’une communauté. Ce n’est pas de la consommation pure et dure. Ce n’est pas venir à son match et jamais à ceux des autres. Ce n’est pas déposer son enfant sans rester une fois de temps en temps à l’entraînement. C’est faire des efforts bêtes mais qui font toute la différence. C’est donner des idées aussi. Le bénévolat, c’est faire des rencontres et participer à la vie du club en soit.

On a mis 4 années avec ce comité directeur à essayer de reconstruire des fondations mais si demain personne ne poursuit le travail, on ira tous s’abrutir devant nos télévisions en rentrant le soir. Parce qu’il ne faut pas rêver, nos 200 licenciés ne retrouveront pas tous de club si DA Dijon 21 venait à disparaître. Et comme je le répète toujours, plus on est nombreux, moins les tâches que l’on a à faire sont prenantes.

J’espère vraiment être entendu, le club a besoin d’un président, d’un trésorier, d’un secrétaire, et d’une bonne douzaine de bénévoles prêt à donner de leur temps. Je l’ai fait 4 ans, c’est à vous de jouer, et je prendrai un plaisir énorme à voir ce club avancer depuis l’autre coté de l’Atlantique.

 

 

Je compte sur vous !

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